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Le Portugal, nouvel élève européen modèle des énergies vertes

Le pays mise sur les innovations, comme le solaire et l'éolien flottants, pour réduire sa dépendance aux importations de combustibles fossiles.

Jusqu’au 26 mai, le Fil vert, le rendez-vous environnement de Libération, se teinte de bleu à l’occasion des élections européennes. De toute l’Union européenne, c’est le Portugal qui a le plus réduit ses émissions de CO2 en 2018, avec une baisse de 9%, contre 2,5% en moyenne. Cette réduction est largement imputable à l’essor des énergies vertes dans le pays.

 

Selon Eurostat, 54% de l’électricité produite au Portugal en 2016 provenait de sources renouvelables, ce qui en fait le troisième meilleur élève européen en la matière, derrière l’Autriche et la Suède. Pendant six jours en mars 2018, le pays a même couvert l’ensemble de ses besoins énergétiques grâce aux renouvelables. Leur développement devrait aussi permettre à terme au Portugal de s’affranchir de sa dépendance aux importations d’énergies fossiles. Seul revers à ces belles performances : le prix de l’électricité, pour les ménages comme pour l’industrie, y est un des plus élevés de l’Union.

 

 

Le Portugal s’est également lancé dans le développement de technologies innovantes. A Alto Rabagão, dans le nord, le groupe Energias de Portugal (EDP) teste une centrale solaire flottante. Ce sont 840 panneaux photovoltaïques qui ont été installés sur une plateforme qui dérive sur le lac artificiel formé par un des nombreux barrages hydrauliques du pays. La méthode est encore expérimentale mais elle cumule les qualités : l’eau refroidit les panneaux qui sont ainsi plus efficaces, et les faire flotter évite d’accaparer des terres pour la production électrique. Elle pourrait permettre de développer le solaire, qui ne représente pour l’instant que 2% du mix énergétique.

 

 

«La plus grande centrale éolienne flottante»

 

Aux larges des côtes de Viana do Castelo, à la frontière avec l’Espagne, un autre projet flottant, éolien celui-là, devrait entrer en fonction en 2019, après plus de cinq ans d’expérimentations concluantes. «Les éoliennes flottantes ont résisté à des conditions climatiques extrêmes, y compris à des vagues de plus de 15 mètres, raconte José Medeiros Pinto, secrétaire général de l’Apren, l’association portugaise des énergies renouvelables. Ces tests ont permis de développer le projet Windfloat Atlantic de 25 MW, qui va constituer la plus grande centrale éolienne flottante existante.» Choisir de développer l’offshore flottant permet surtout au Portugal de résoudre le problème posé jusque-là par la grande profondeur de son plateau continental, qui empêche l’installation d’éoliennes offshore classiques.

 

 

Ces innovations sont largement financées par l’Europe: sur les 125 millions d’euros nécessaires au projet Windfloat, 60 ont été amenés par la Banque européenne d’investissement et 30 par le programme communautaire NER 300, destiné à soutenir les technologies renouvelables innovantes. Mais, déplore José Medeiros Pinto, «les subventions accordées aux énergies fossiles dépassent largement celles reçues par les renouvelables. Selon un rapport du Parlement européen, en 2015 les subventions touchées par le Portugal pour les combustibles fossiles tournaient autour de deux milliards d’euros, ce qui est bien supérieur au surcoût des énergies renouvelables, estimé à 1,1 milliard d’euros». La refonte du marché européen de l’électricité, votée par le Parlement en mars, devrait peu à peu changer les choses, notamment en supprimant les subventions au charbon, pour arriver à l’objectif de 32% d’énergie verte à l’échelle de l’UE d’ici 2030.

Source: PortugalNews (2019-05-17)

Article: Libération

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